dimanche 12 décembre 2010

Vingt-sept. Il découvre Hollywood.

« Heya ! »

Petit-Poil-de-Cul bondit dans son petit trou et se tourna en direction de la voix.
« Mais qui êtes-vous ? » « Yaya ? C’est qui ? ».
« Cucul, je te présente mon pote, Hollywood Billy, arrivé tout droit des Etats-Unis, de passage dans la région, et vachement sympa, tu verras ».

Petit-Poil-de-Cul était surpris, charmé et souriant, car Hollywood Billy avait effectivement l’air marrant. Il ressemblait un peu à Yaya, avec moins de poils et quelques particularités physiques amusantes. Il portait surtout un appareil très étrange autour de la taille.
« Qu’avez-vous autour de la taille Monsieur Billy ? Ça m’est totalement inconnu ».

Hollywood Billy le regarda avec de grands yeux. Visiblement il n’avait rien compris à la question.
C’est Yaya qui s’occupa de la traduction.
« Alors, il est désolé, mais Holly ne parle pas français. Ce machin, c’est un appareil photo. Il a rencontré plein de poils connus durant ses voyages, alors il se prend toujours en photo en leur compagnie, pour avoir un souvenir, et surtout pour draguer les nanas ! Hein Holly ! Ça marche avec les « gurls » ton truc ! ».
« Yeah, yeah ! ».

Hollywood Billy lui fit un grand sourire plein de dents.



jeudi 9 décembre 2010

Vingt-six. Il est pubère.

Après sa douche, Petit-Poil-de-Cul, exhalant la verveine, se rendit compte que, merde, Il se sentait mieux !
« Tu vois Yaya, j’avais besoin de toi. Il fallait que je te parle, que je t’explique des choses. Y a eu des changements dans ma vie, j’suis perdu ».

Une petite larme coula sur sa joue toute propre, sans laisser de trace cette fois-ci.
« Ma saucisse ! Viens là que j’te fasse un câlin ! Mon pauvre poulet ! Si c’est pas malheureux. Tes crétins de parents auraient dû t’expliquer tout ça depuis belle lurette ! C’est tout simple mon Cucul, t’es en plein âge con… Tu grandis. »

Petit-Poil-de-Cul prit soudain conscience que son unique famille se trouvait là. Que la seule personne en qui il avait confiance, la seule personne sur laquelle il pouvait compter, c’était son ami pour la vie, Yaya.
« Yayaaaa, ne me quitte plus jamais ! ».

Petit-Poil-de-Cul pleurait toutes les larmes de son corps, plié en deux sur son copain si doux. Les larmes glissaient le long de la magnifique toison de Yaya, n’altérant en rien son lustre et sa couleur. Ça ne les faisait pas friser non plus, d’ailleurs.
A ce moment-là, il se rendit compte de la présence toute proche de quelqu’un…


lundi 6 décembre 2010

Vingt-cinq. Il revoit son pote.

« Alors Cucul, mon p’tit pote, ça gaze ? ».

Petit-Poil-de-Cul eut un sursaut soudain de stupéfaction. Il connaissait cette voix, cette gouaille, c’était... « Yaya !!! Yayaaaaaaaa !!!!! ».
Il se précipita dans les bras de son copain si bien lustré, enfin, dans la mesure de ses moyens.
« Dis-donc Cucul, ma p’tite boule puante, t’as grandi ! T’as même sacrément changé la vache ! T’aurais une odeur de fauve que ça m’étonnerait pas. Mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? ».

Petit-Poil-de-Cul se rendit compte que Yaya avait un air un peu pincé et commençait à parler du nez. De plus, il avait mis fin à leurs effusions très rapidement et se tenait à une distance raisonnable. Y avait comme un froid, quoi.
« Je déprime… J’en ai marre de tout. Tu m’as manqué mon copain, si tu savais combien tu m’as manqué ! ».

Petit-Poil-de-Cul ouvrit ses bras bien grand pour un appel au câlin, mais rien. Yaya ne bougeait pas.
« Bon ma poule, tu prends une douche et on reparle de tout ça ? Désolé mon vieux, mais là, pour un p’tit poil, t’as une sacrée puissance de dégagement. Houuu ! J’en crois pas mon nez ».

Petit-Poil-de-Cul, légèrement vexé, empoigna sa douche et son gel à la verveine commandé online 3 semaines auparavant.



vendredi 3 décembre 2010

Vingt-quatre. Il se fait du souci.

Les réveils se succédaient, plus bizarres les uns que les autres. Petit-Poil-de-Cul ne comprenait plus rien. Plus le temps passait et plus il avait chaud, froid. Il dormait toute la journée, se foutait de tout, s’engueulait avec ses voisins, passait son temps devant la télé, bref, il avait besoin d’aide. Et surtout de copains.
Et de chips…
« Me ferais bien une p’tite bière… ».

Non, non, non, Petit-Poil-de-Cul était poli et bien élevé. Un point c’est tout. Sauf que… même son hygiène personnelle laissait maintenant à désirer.
« M’en fous. Personne ne me connaît. Personne ne me voit dans mon trou. J’suis tout seul, peinard et qu’on vienne pas m’emmerder. »

Il renifla un bon coup sous ses aisselles, eut un vertige soudain et se dit que là c’était peut-être le moment de passer à la douche.
« Je pue ».
Une certaine fierté de mâle s’était emparée de son petit torse glabre.
« Ouais. Je pue ».



mardi 30 novembre 2010

Vingt-trois. Il découvre un machin.

Encore un matin. Un matin tout seul. À se demander ce qu’il lui arrivait.

Petit-Poil-de-Cul prit son petit miroir de poche et examina son reflet.
« Aaaaaaaaaaahh !!!!! »

Un poil. Un tout petit poil, fin et chétif avait poussé sur son menton. Impossible ! Je ne peux pas avoir de poils, je SUIS un poil !
Sa peau s’était aussi couverte de petits machins noirs. Son teint si parfait, si lisse, manquait d’éclat, de lumière. Il avait l’air fatigué, terne, brouillon.
Petit-Poil-de-Cul prit les devants, et après un bon peeling désincrustant, son masque à l’argile fétiche et un nouveau masque hydratant aux liposomes actifs oxygénants, il se sentit vachement mieux. Propre quoi.

Il reprit son petit miroir et examina son petit poil. Mmmmh… Épilation ? Pince ? Rasoir ? Laser ? Une multitude de solutions s’offraient à lui, mais en tant qu’agent très spécial, il se devait de choisir la plus avant-gardiste.
Il s’endormit, en rêvant au futur de son poil.


samedi 27 novembre 2010

Vingt-deux. Il est ému.

3 jours. 3 JOURS que Yaya avait disparu. Pas un message, pas un coup de fil, rien. Le désert. La solitude. Petit-Poil-de-Cul était désespéré, malheureux, déprimé, et ressentait le besoin profond d’en parler à son psy, mais il tenait bon. Il savait que ces épreuves étaient là pour tester sa résistance. Mais bon, la vache, c’était dur !

En plus, il avait des questions à poser à Yaya. Des questions personnelles qui ne regardaient personne. Des trucs gênants, intimes.
Bon, heu, il faisait des rêves étranges, voilà. Et il se réveillait avec un grand sourire idiot alors qu’il était sensé être malheureux. Petit-Poil-de-Cul était perdu. Et c’est justement dans ces moments-là qu’on a besoin d’un ami…
« Yayaaaaaa !!!!! Où est-tuuuu !!!!! »

Rien. Pas de réactions.

Une toute petite larme coula le long de sa petite joue et alla s’écraser sur le sol, suivie d’une autre, et d’une autre encore.
Ceci permit d’ailleurs à Petit-Poil-de-Cul de nettoyer un peu autour de son trou… Ça sert à ça les larmes ? Au ménage ? C’est pas marrant. Il prit la décision solennelle de détester le ménage pour le restant de ses jours.
Lui, un petit poil de cul raffiné, renonçait à la propreté militaire qu’il s’imposait depuis des semaines. En regardant autour de lui, il se rendit bien compte qu’il était le seul à faire cet effort de toutes façons, alors…



mercredi 24 novembre 2010

Vingt-et-un. Il se fait gratter. Encore.

Petit-Poil-de-Cul avait du mal à croire à ce qui lui arrivait. Cette chance ! Il avait un super copain très doux, bien démêlé, et lustré, qui lui apprenait plein de trucs, lui racontait des histoires passionnantes et mystérieuses, et énigmatiques, et super obscures, aussi.
Pourtant, un détail le stressait. Sa pression était montée à pfffff ! Au moins ! La dernière fois. Beaucoup trop haut pour un petit poil !

Petit-Poil-de-Cul s’inquiétait des habitudes alimentaires de Yaya. Non pas qu’il désapprouvait le choix du jus de tomates, au contraire, mais les conséquences mettaient ses pauvres petits nerfs à dure épreuve. « Va falloir que je m’offre une thalasso un des ces quatre, ça peut plus durer » pensait-il.
« Mais ça suffit avec ce truuuuuuc !!! A l’aide !!! ».

L’énorme machin bizarre avait replongé en direction de son petit trou, avait gratté et gratté. Le sol était à présent tout rouge et gonflé et Yaya avait disparu…
« Yaya !!! ».

« Ouais ! ouais-ouais ! J’suis derrière toi Cucul. J’crois que je vais aller bouffer un peu plus loin, parce que t’as l’air quand même vachement nerveux pour un p’tit poil ».

Petit-Poil-de-Cul, inquiet et ne pouvant toujours pas se retourner, lui fit confiance.
C’est à ce moment précis qu’un missile décolla de la rampe de lancement en direction de ce merveilleux ciel bleu outremer. Une légère bruine bienfaisante vint rafraîchir l’atmosphère.
Petit-Poil-de-Cul s’ennuyait déjà de Yaya.